Autour de la table, dimanche, ta mère demande comment va ta sœur. Ta belle-mère demande comment vont les enfants. Ta collègue, par texto, demande si ton mari a eu sa promotion. Tout le monde passe par toi pour savoir comment vont les autres.
Personne ne te demande comment tu vas, toi.
Tu réponds à tout. Patiemment. Avec les bons détails, les bonnes nuances, comme un standard téléphonique qui connaît tout le monde par cœur. Et à un moment, dans la voiture sur le chemin du retour, il y a ce petit silence. Pas un silence relaxant. Un silence qui pose une question à laquelle tu n’as pas de réponse toute faite : et toi, en fait, comment tu vas ?
Tu ne sais pas très bien. Pas parce que tu n’as pas de ressenti. Mais parce que ça fait longtemps que la question ne t’a pas été posée directement, et qu’une partie de toi a fini par arrêter de se la poser aussi.
Ce n’est pas un trait de caractère
Ce n’est pas que tu es « quelqu’un qui donne », comme on le dit souvent en voulant faire un compliment. C’est une fonction que tu as fini par occuper. Quelqu’un devait tenir ce rôle, celui qui sait comment va tout le monde, qui absorbe les nouvelles avant de les transmettre, qui amortit. Tu étais douée pour ça. Alors c’est resté.
Une enquête récente sur la santé mentale au travail montre que 44% des femmes citent le manque de temps pour elles-mêmes comme une des premières causes de fatigue psychologique, loin devant les hommes sur ce point précis. Un autre chiffre, dans les couples avec enfants : la charge mentale domestique se répartit en moyenne à 71% pour elles, 29% pour leur conjoint. Ce ne sont pas juste des statistiques froides. C’est la traduction chiffrée de ce silence dans la voiture, ce moment où la question revient vers toi et où tu ne sais pas quoi en faire.
Des chercheurs ont même donné un nom à cette période : la middlescence, en miroir de l’adolescence. Le même sentiment de ne plus très bien savoir qui on est, sauf qu’il arrive vers 45 ans plutôt qu’à 15 ans, et souvent sans que personne n’en parle, parce qu’on est supposée être du côté de celles qui savent, pas de celles qui cherchent encore.
Le corps, lui, sait. Il se manifeste autrement : une tension dans la mâchoire qui ne part plus le soir, un sommeil qui ne répare plus vraiment, une irritabilité qui te surprend toi-même, pour des choses qui ne la justifient pas vraiment. Ce n’est pas toi qui « deviens difficile ». C’est un système qui tourne depuis trop longtemps sans qu’on ait jamais vérifié s’il tenait encore la charge.
Ce que tu peux essayer, doucement
Remarque la question qu’on ne te pose pas
Pas pour en faire un reproche à qui que ce soit. Juste pour la voir. La prochaine fois qu’on te demande comment vont les autres, note, dans ta tête, que cette question-là existe aussi pour toi, même si personne ne la formule.
Une respiration. Un « je regarde et je te dis ». Ce n’est pas un refus. C’est juste une seconde qui t’appartient, avant que la réponse ne parte automatiquement vers quelqu’un d’autre.
Laisse un blanc avant de répondre oui.
Nomme un besoin à voix haute, même minuscule. « J’ai besoin de dix minutes avant de reprendre. » « J’aimerais qu’on en reparle demain. » Pas de justification derrière. Juste la phrase, posée.
Choisis une personne avec qui tu réessaies.
Pas tout ton entourage d’un coup, ça n’a pas besoin d’être spectaculaire. Une seule personne à qui, la prochaine fois, tu dis un peu plus de ce qui se passe vraiment pour toi.
Ce que ça change, concrètement
Rien de spectaculaire, au début. Une nuit où tu t’endors un peu plus vite parce que tu n’as pas retourné trois conversations dans ta tête. Une fois où tu dis « je ne sais pas, laisse-moi réfléchir » au lieu du oui automatique, et où rien ne s’effondre. Un dimanche après-midi où tu fais quelque chose pour toi, seule, et où la culpabilité qui suit habituellement met un peu plus de temps à arriver. Parfois, elle ne vient même pas.
Ce sont des petits décalages. Mais ce sont les tiens, et c’est souvent par là que ça recommence à bouger.
Si tu veux essayer une seule chose cette semaine, choisis la question qu’on ne te pose pas. Juste la remarquer, sans rien en faire d’autre pour l’instant.
Et si tu sens que ce rôle-là te pèse plus que ce que tu en montres à ton entourage, la séance Start existe pour ça. Trente minutes, offertes, sans engagement et sans pression commerciale, pour poser ce que tu portes et commencer, doucement, à te remettre au centre de ta vie. Réserver ta séance Start
Cet accompagnement relève du coaching et ne remplace pas un suivi médical, psychologique ou psychothérapeutique quand celui-ci est nécessaire.
Source d’inspiration : baromètre Qualisocial / Ipsos-BVA sur la santé mentale au travail (mars 2026), enquête Ifop-Inserm et cohorte CONSTANCES sur la charge mentale du couple (relayées en 2026), et la notion de « middlescence » discutée dans la presse (La Presse, mai 2026).



